(Page imprimée: www.trazibule.fr/ethique_informatique.php)

Voici une vraie propostion pour sortir de cette crise économique !



Pour une éthique informatique.


L’informatique est un domaine qui s’est imposé aux sociétés sans qu’il y ait eu de réflexion antérieure, de plus elle a évoluée à une telle vitesse que jamais les hommes ont pu prendre le temps de réfléchir au monde auquel elle nous mène. Ainsi les progrès techniques rivalisent de plus en plus avec l’intelligence humaine, ce qui est déjà fait pour les parties d’échecs, commence à être envisagé pour des matchs de football contre des robots, s’est déjà produit pour des démonstrations mathématiques. La prospective sur la singularité nait de cette course vers l’inconnu :
Article Wikipedia [ lien "http://fr.wikipedia.org/wiki/Singularit%C3%A9_technologique" ]
Ce jour où l’intelligence artificielle dépassera l’intelligence humaine, décrit plus un aveu d’impuissance qu’une proposition permettant de déboucher sur un peu d’espoir pour les hommes.

Le fait qu’à ma connaissance non seulement très peu d’écrivains de science fiction n’aient prévu et exploré ce domaine, mais qu’en plus ce ne fut jamais dans les termes de la réalité que nous constatons me laisse aussi penser que l’humanité subit cette évolution par surprise.
L’aviation, les sous-marins, l’espace, le cinéma, la téléphonie portable, et même le voyage à l’intérieur d’un être vivant humain, etc., milles de nos inventions ont été plus ou moins prévues avant d’exister, mais l’ordinateur et l’électronique ont dépassé toutes les prévisions dans des domaines souvent totalement imprévus. Dans ce domaine j’ai l’impression que nous avançons de plus en plus vite dans un brouillard de plus en plus épais.

Toutes les professions qui ont un impact réel sur le quotidien des citoyens, sont assermentées pour garantir une certaine moralité vis-à-vis de ces citoyens.

Ainsi le serment d’Hypocrate, est censé maintenir un certain niveau de déontologie dans la profession médicale, bien qu’il soit souvent raillé sous le nom de « serment d’hypocrite ». Des médecins peuvent être même assermentés devant un tribunal.

Tous les policiers jusqu’au garde champêtre, sont assermentés.

Les huissiers et notaires eux aussi au vu de la responsabilité qu’ils prennent comme garant de la loi, car leurs écrit font même force de loi.

Des traducteurs-interprètes peuvent aussi être assermentés, des commissaires aux comptes, certains postes dans les grandes administrations, des officiers et agents ou courtiers des affaires maritimes, de même dans les corps techniques de l’aviation civile.

Cette assermentation est obtenue lors d’une formalité devant un juge du tribunal.

Pour ma part je déplore que nous n’exigions pas de serment de la part de nos responsables politiques, comme cela se fait pour le président des USA, leur influence et leur responsabilité le mériteraient largement. Dire qu’en plus ils ne sont même pas responsables juridiquement de leurs propres discours politiques !

Dans d’autre profession il existe un code de déontologie, signe de la prise de conscience qu’une mauvaise pratique de leurs compétences pourrait générer de graves troubles à la paix sociale.

Ainsi les psychologues, les experts comptables, les auditeurs, les journalistes ont leur code de déontologie.

Il existe dans tous les sites internes une charte de bonne conduite [ lien "http://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%A9tiquette" ] définissant les bornes à ne pas dépasser…

Quelques inititives proposent une éthique_de_l'informatique [ lien "http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89thique_de_l%27informatique" ].

Ainsi le CIGREF et le SYNTEC ont mis au point une charte commune [ lien "http://www.njuris.com/ShowBreve.aspx?IDBreve=447" ]: mais après lecture mon avis est que son contenu ressemble plus à une forme de norme ISO qu’à une vrai charte de déontologie prenant en compte les effets que pourraient avoir leur travail sur la société elle-même.

La déontologie est une obligation morale que chacun s’engage à respecter, c'est-à-dire que les conséquences de nos actes doivent être réfléchies avant d’agir, or s’il existe un tel code pour les architectes, les journalistes etc. il n’en existe aucun officiellement enseigné aux informaticiens et aux électroniciens.

Après trente années passées dans ce métier, je considère que ce métier est à haute responsabilité, par exemple pour un électronicien, il est d’une facilité déconcertante de tricher dans une procédure de vote électronique, or cette technique est de plus en plus mise en place, alors que la fiabilité du résultat est essentiel pour une saine pratique de la démocratie. (voir vote electronique [ lien : "www.trazibule.fr/vote-electronique.php" ])

L’importance des tricheries électroniques possible est évidente dans les jeux de « hasard » en électronique ou ce hasard n’a plus aucun sens dès qu’il est calculé par un ordinateur. Si dans ce cas les conséquences sont purement financières pour ceux qui acceptent de jouer, il est beaucoup plus grave dans le cas de la rédaction des fichiers de surveillance nationaux ou le hasard d’une erreur ou bug de programmation peut détruire des familles, des vies.

La seule loi informatique que je n’ai jamais rencontrée ne concernait même pas les ordinateurs qui n’existaient pas encore à l’époque mais les robots, du moins dans l’imagination qu’on s’en faisait en science fiction. Les fameuses « lois de la robotique » [ lien "http://fr.wikipedia.org/wiki/Trois_lois_de_la_robotique" ] imaginées réfléchies et explorées par l'auteur de science fiction Asimov [ lien "http://fr.wikipedia.org/wiki/Isaac_Asimov" ] et leurs déclinaisons dans toutes les situations possibles démontrant toutes les conséquences possibles de la moindre modification de cette loi y compris l'ordre de priorité essentiel à leur bonne logique comme Asimov nous le démontre de nouvelles en nouvelles.

Je regrette qu’Asimov n’ai pas eu l’intuition que les robots ne seraient pas l’avenir immédiat mais les ordinateurs, sa loi aurait alors pris tout son sens.

Il faudrait les adapter à l’informatique et engager les programmeurs à les appliquer par un code de déontologie qu’ils s’engageraient par serment à appliquer tout au long de leurs travaux de programmation.

Voyons ce que cela donne ces lois traduite pour l’informatique, sachant qu’il faut couvrir le champ de la programmation soit logiciel soit matériel des ordinateurs. Hardware et software étant rassemblés dans le terme logiciel

  1. Un logiciel ne peut porter atteinte à un être humain, ni, restant passif, permettre qu'un être humain soit exposé au danger.

  2. Un logiciel doit obéir aux ordres que lui donne un être humain, sauf si de tels ordres entrent en conflit avec la première loi.

  3. Un logiciel doit protéger son existence tant que cette protection n'entre pas en conflit avec la première ou la seconde loi.

Réfléchissons aux conséquences : Ces lois semblent tout à fait lisibles et toutes les recherches d’Asimov gardent leur logique.

Que deviennent les logiciels de fichages policiers au terme de la première loi ? Que deviennent les logiciels militaires des drones ou robots d’attaque ? Que deviennent les logiciels de bourse et leurs conséquences désastreuses pour le reste de l’humanité ?

Que deviennent ces barrages par codes secrets, cryptages et autres limitations d’accès au regard de la seconde loi ? Où est l’autorité d’un homme face à une machine trop protégée de codes d’accès, dans un local surveillé par biométrie, alimentée par des sources autonomes d’énergie.

Paradoxalement les sécurités informatiques contre les actes des pirates correspondent à l’esprit de la troisième loi, mais cela la place au premier rang des priorités, il me faut penser à chercher quels sont les disfonctionnements prévu par Asimov à prévu dans ce cas là.

Les électroniciens, et les informaticiens sont souvent des employés aux services d’intérêts qui n’ont d’autre déontologie que leur pouvoir, ou leur profits, ils se doivent d’imposer des règles minimum de bonne conduite dans leurs métiers pour que les conséquences de leurs compétences ne se traduisent par des souffrances réelles des populations.

Je propose qu’il aient la force de s’engager par serment de faire tout ce qu’ils peuvent pour appliquer ces règles de déontologie et d’appliquer ces lois de l’informatique.

Il existera toujours des notaires véreux ou des comptables peu scrupuleux, mais au moins l’ensemble de la profession possède un substrat juridique pour d’en démarquer, et refuser de communiquer leurs informations à ces brebis galeuses.

Or en informatique nul ne peut travailler seul, chacun d’entre nous a besoins un jour au l’autre d’un collègue pour résoudre un problème car le champ de compétence est si vaste qu’il ne peut être contenu que par une collectivité. Même les Hackers ont créé leurs collectifs ! Avec cette mise ne place d’une déontologie, les exclus rejetés par cette communauté auraient moins de facilité d’action. Pourtant ce n’est pas sur ce thème que l’efficacité serait spectaculaire.

Par contre il y aurait enfin un critère réel qui à long terme pourrait changer pas mal de choses : Telle action est « bien » telle autre est « mal » quelque soit la prouesse technique mise ne place, un jugement de valeur morale du résultat existerait enfin dans une production informatique ou électronique.

De la même façon que le jour de l’abolition de l’esclavage je ne suis pas convaincu que cela ai changé grand-chose du jour au lendemain, mais l’image sociale du négrier a vraiment changée, il est passé de respectable au haïssable ! Or nul n’est insensible au reflet qu’il reçoit de ses concitoyens.

Créons d'urgence une éthique en informatique.

Page écrite le 18-04-2010


(Page imprimée: www.trazibule.fr/ethique_informatique.php)